Derrière les fronts avec des élèves de 3ème
C'était la première fois que je montrais Derrière les fronts à des jeunes de 15 ans.
J'avais peur que certaines images soient trop difficiles pour eux, mais malheureusement… non ; Line me dit être habituée à voir bien pire sur tiktok...
En amont de la projection, je leur ai proposé de fermer les yeux à deux reprises dans le film. En leur expliquant le contenu des scènes mais en leur disant qu’ils ne sont pas obligés de la voir pour la connaître.
Je réfléchis à ne pas comment participer à la désensibilisation générale, qui travaille à la déshumanisation des opprimé.es ici des palestinien.nes.
Et parce que l’on est pas obligé de voir pour le croire. Comme le disait déjà à l’époque, le collectif Cases Rebelles.
A l’époque de la réalisation du film 2016, j’ai fait le choix de montrer tout le spectre de la violence et de la cruauté coloniale : l’invisible et le visible, y compris les images de l'assassinat d'un civil à terre par un sniper de l'armée israélienne à Gaza pendant un cessez le feu, énième crime de guerre de l’armée d'occupation. Elles feront preuves le jour où ils seront jugés.
Avec Hybrid Pulse, nous proposons donc aux organisateurices de projections débats de laisser le choix au public de pouvoir se boucher les oreilles et fermer les yeux à ce moment-là en prévenant le public de l'imminence de la scène pendant la projection.
Cet égard en amont de la séance permet également de rappeler qui ne s'agit pas de subir une image. Certes c’est une forme de luxe de pouvoir se protéger de la réalité à laquelle les palestiniens ne peuvent pas échapper, mais l’on peut vouloir s’informer de la réalité palestinienne tout en se prémunissant de certains contenus.
La discussion qui a suivie était ultra profonde ; les élèves ont une vraie maturité politique et une soif de parler de ce qui se passe en Palestine. Selon les dires des élèves, de la professeure et de la documentaliste : c'était une réussite ! Je l'ai ressentie fortement aussi.
Au cinéma, post projection du film, les échanges sont vifs.
(Younes) - Mais pourquoi votre film n'a pas été montré au stade de France ?
- ahaha bah du coup tu n’as qu'à devenir maire, comme ça tu montreras mon film au stade de France !
Un peu plus tard, sur le chemin du retour au collège :
(Younes) - Madame, comment on fait pour devenir maire ?
<3<3<3
Je voudrais renouveler l'expérience et l'élargir à plusieurs établissements scolaires. Mais comment faire ?
Le film je le rappelle est distribué par Hybrid Pulse, a un visa CNC a bénéficié d'une aide à l'édition en DVD du Cnc, il a fait plus de 12000 entrées en salle et est traduit en 5 langues. Près de 10 ans après sa sortie, il continue d'être pertinent et d'intéresser un public vaste et varié lors de projections en France (universités, espaces culturels...) et à l'international.
A l'heure où un vademecum a été partagé avec les enseignant.es pour assimiler la critique d'Israël à de l'anti-sémitisme, c'est encore plus urgent et pertinent d'ouvrir le dialogue et d'investir les établissements scolaires, de s'adresser à la jeunesse tout en donnant les outils aux enseignant.es.
Si vous voulez en discuter, n’hésitez pas à nous contacter.
Merci également pour vos éventuels conseils et pistes.
NB : Je remercie le département de la Seinte-Saint-Denis qui a permis ce parcours cinéma anti-colonial et théâtre de l'opprimé dans lequel j'ai pu orgnaiser cette projection avec Hybrid Pulse.
J'avais peur que certaines images soient trop difficiles pour eux, mais malheureusement… non ; Line me dit être habituée à voir bien pire sur tiktok...
En amont de la projection, je leur ai proposé de fermer les yeux à deux reprises dans le film. En leur expliquant le contenu des scènes mais en leur disant qu’ils ne sont pas obligés de la voir pour la connaître.
Je réfléchis à ne pas comment participer à la désensibilisation générale, qui travaille à la déshumanisation des opprimé.es ici des palestinien.nes.
Et parce que l’on est pas obligé de voir pour le croire. Comme le disait déjà à l’époque, le collectif Cases Rebelles.
A l’époque de la réalisation du film 2016, j’ai fait le choix de montrer tout le spectre de la violence et de la cruauté coloniale : l’invisible et le visible, y compris les images de l'assassinat d'un civil à terre par un sniper de l'armée israélienne à Gaza pendant un cessez le feu, énième crime de guerre de l’armée d'occupation. Elles feront preuves le jour où ils seront jugés.
Avec Hybrid Pulse, nous proposons donc aux organisateurices de projections débats de laisser le choix au public de pouvoir se boucher les oreilles et fermer les yeux à ce moment-là en prévenant le public de l'imminence de la scène pendant la projection.
Cet égard en amont de la séance permet également de rappeler qui ne s'agit pas de subir une image. Certes c’est une forme de luxe de pouvoir se protéger de la réalité à laquelle les palestiniens ne peuvent pas échapper, mais l’on peut vouloir s’informer de la réalité palestinienne tout en se prémunissant de certains contenus.
La discussion qui a suivie était ultra profonde ; les élèves ont une vraie maturité politique et une soif de parler de ce qui se passe en Palestine. Selon les dires des élèves, de la professeure et de la documentaliste : c'était une réussite ! Je l'ai ressentie fortement aussi.
Au cinéma, post projection du film, les échanges sont vifs.
(Younes) - Mais pourquoi votre film n'a pas été montré au stade de France ?
- ahaha bah du coup tu n’as qu'à devenir maire, comme ça tu montreras mon film au stade de France !
Un peu plus tard, sur le chemin du retour au collège :
(Younes) - Madame, comment on fait pour devenir maire ?
<3<3<3
Je voudrais renouveler l'expérience et l'élargir à plusieurs établissements scolaires. Mais comment faire ?
Le film je le rappelle est distribué par Hybrid Pulse, a un visa CNC a bénéficié d'une aide à l'édition en DVD du Cnc, il a fait plus de 12000 entrées en salle et est traduit en 5 langues. Près de 10 ans après sa sortie, il continue d'être pertinent et d'intéresser un public vaste et varié lors de projections en France (universités, espaces culturels...) et à l'international.
A l'heure où un vademecum a été partagé avec les enseignant.es pour assimiler la critique d'Israël à de l'anti-sémitisme, c'est encore plus urgent et pertinent d'ouvrir le dialogue et d'investir les établissements scolaires, de s'adresser à la jeunesse tout en donnant les outils aux enseignant.es.
Si vous voulez en discuter, n’hésitez pas à nous contacter.
Merci également pour vos éventuels conseils et pistes.
NB : Je remercie le département de la Seinte-Saint-Denis qui a permis ce parcours cinéma anti-colonial et théâtre de l'opprimé dans lequel j'ai pu orgnaiser cette projection avec Hybrid Pulse.